mardi 23 mars 2021

La fraude de Didier Raoult : « Je ne regrette rien »

Article traduit en français depuis le blog de Leonid Schneider avec l'aide de DrMuchaaa

Depuis un an, les données falsifiées, les fraudes financières et les essais cliniques illégaux et truqués du gourou de la chloroquine Didier Raoult se poursuivent.

Il y a tout juste un an, je publiais un premier article sur le microbiologiste français, Didier Raoult. Le directeur de l’IHU Méditerranée Infection et tout-puissant professeur de l’Université Aix-Marseille vantait l’hydroxychloroquine, un médicament contre la malaria, comme traitement pour la Covid19.

L’étude initiale de Gautret et al. IJAA 2020 a été débunkée immédiatement après publication, et il en fut de même pour tout ce qui venait de l’IHU à propos de l’hydroxychloroquine. La chloroquine et l’hydroxychloroquine se sont montrées terriblement inefficaces dans tous les essais cliniques menés correctement. Plus personne ou presque ne parle de ce traitement aujourd’hui, le monde s'étant tourné vers d’autres charlataneries. Elisabeth Bik a identifié une grande quantité de données falsifiées dans les publications de Didier Raoult. D’anciens rapports ont refait surface, qui évoquent le harcèlement exercé par Raoult lui-même au sein de l'IHU, ainsi que des cas de harcèlements sexuels, toujours dans ce même institut, qu’il a couverts.

Tandis que Bik décèle toujours d'avantage de fraudes scientifiques, un médecin français, Christian Lehmann a révélé une gigantesque escroquerie, criminelle, que Raoult a orchestrée pour mener ses propres essais cliniques sur l'hydroxychloroquine . Ce sera donc le sujet de mon article anniversaire.

À lire également :

1. L’essai de Didier Raoult sur la chloroquine et son historique de harcèlement et de manipulation de données

2. L’attaque de Raoult contre ses critiques

3. L’explication sur la chloroquine par C. Lehmann

4. L’amitié sur la chloroquine entre Raoult et Christian Perronne

5. Comment l’International Society of Microbial Chemotherapy (ISAC) est devenue un membre du culte Raoultien de la chloroquine

6. Racisme, antisémitisme, misogynie et fétichisme militaire à l’IHU

Le mégalomaniaque Raoult se perçoit comme un croisement du général Charles De Gaulle avec Édith Piaf. Le druide de la choloroquine, fétichiste militaire, récompense ses fantassins les plus fidèles avec des médailles de guerre contre la Covid19 et publie un livre, « Les carnets de Guerre » tout en entonnant « Je ne regrette rien ».

 

Le Figaro, Février 2021

En effet, pourquoi devrait-il regretter quoi que ce soit, puisque les politiciens de l’extrême-droite française sont tous de son côté ? Didou et son gang de l’hydroxychloroquine sont intouchables, car ils ne semblent pas être seulement soutenus par les fascistes en politique, en médecine et dans le domaine académique, mais probablement aussi par les militaires français. Toutes les tentatives de mettre Raoult face à ses responsabilités pour ses essais cliniques ostensiblement illégaux (qui ont même impliqué des enfants) ont échoué, car apparemment, c’est ainsi que fonctionne la France.

Mais récemment, Raoult a été piqué au vif. Non pas grâce aux autorités médicales fançaises, ni aux politiciens, ni même, dieu les en garde, aux universitaires. Il n'y a rien à espérer d’eux, car ils ont peur de Raoult et de son armée brune. Le héros est Christian Lehmann, un de ces irréductibles médecins français, trop peu nombreux, résistant face au druide du culte de la chloroquine, qui a aussi honoré mon blog d’un article d’invité.

Lehmann a publié le 10 mars 2021 un scoop sous forme d’enquête d’investigation dans le journal Libération. Le bulldog enragé de Raoult, antisémite misogyne et officier de l’armée française, Éric Chabrière, a rapidement déclamé sur twitter qu’il allait faire tuer Lehmann. Reste à voir si ces menaces de mort demeureront, elles aussi, impunies. Ce que Lehmann y révèle est vraiment explosif.

Pour résumer, Raoult a organisé un essai clinique illégal avec de vrais patients pour prouver que la chloroquine était efficace, publié le 20 mars 2020 sous Gautret et al. IJAA 2020, dans le journal de l’ISAC dont le rédacteur en chef est un subordonné de Raoult à l’IHU. À cette occasion, le gourou marseillais a distribué de l’hydroxychloroquine à des milliers de patients modérément malades en ambulatoire tout en les déclarant comme hospitalisés. Il a ainsi pu encaisser de l'argent de manière frauduleuse, en piochant dans les caisses du système de sécurité sociale français comme dans les poches de ses patients. Ces derniers, qui n’ont jamais occupé de lit d’hôpital, ont été comparés à des patients gravement malades de la covid19 hospitalisés ailleurs en France. Raoult a déclaré qu’ils avaient guéri grâce à sa combinaison magique de chloroquine/hydroxychloroquine associée à l’antibiotique azithromycine. Il a publié ces résultats sous la forme d' un essai clinique « observationnel » dans ses propres journaux scientifiques parrainés par Elsevier. En réalité, ces études, incluant des enfants et n’ayant pas reçu d’approbation éthique, n’étaient pas observationnelles mais plutôt interventionnelles, ce d'autant plus que Raoult est intervenu pour les mettre en scène. Voici comment il s’y est pris :

Lehmann a obtenu son scoop grâce à d’anciens patients de l’IHU de Raoult. L’un d’entre eux a ressenti des symptômes de type covid19 en mars 2020 et s’est rendu à l’IHU, où il fut testé positif au sars-cov-2. Le jour suivant, on lui proposa un traitement : de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine. Le patient revint à trois reprises pour des analyses sanguines, un autre test PCR et deux électrocardiogrammes. Quelques mois plus tard, il reçut une facture de 1264€ pour chacune de ces visites, pour un total d’environ 3800€, soit grosso modo 10 fois le coût habituel d’un patient reçu en ambulatoire.

 

Prescription datant du 9 septembre 2020 pour de l’hydroxychloroquine, de l’azithromycine et du zinc par un médecin de l’IHU à un patient externe sans doute enregistré comme « hospitalisé ».

Dans le système de santé européen, 80% de ces coûts sont couverts par la sécurité sociale du pays, le reste étant soit pris en charge par des assurances de santé complémentaires privées, soit à la charge du patient non assuré. L’argent n’a pas été encaissé par l’IHU , mais par l’hôpital public de la ville de Marseille. Mais pourquoi tout ce cirque me diriez-vous ?

Tout simplement parce qu’au printemps 2020, les autorités françaises n’ont autorisé le traitement à l’hydroxychloroquine que pour des patients hospitalisés pour la covid19. en effet, un décret ministériel de mars 2020 stipulait que l’hydroxychloroquine n’était que « pour les patients hospitalisés dans un état sévère, après décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte ». Prescrire cette molécule à des patients en ambulatoire qui la prendraient à la maison était explicitement illégal. C’est pourquoi Raoult inventa un système d’ « hospitalisation de jour » où les patients qui ne passaient pas plus d’une heure à l’IHU, le temps de réaliser un test rapide et de recevoir une prescription d’hydroxychloroquine, étaient déclarés comme hospitalisés avec une forme sévère de covid19.

Le 27 mai 2020, les règles françaises ont encore changé, s'en référant aux résultats de la recherche scientifique, il devint alors illégal de traiter les patients avec de l’hydroxychloroquine, même au sein d’un hôpital. Comme d’habitude, la loi ne s’est pas appliquée à Raoult ni à l’IHU. Un autre patient a effectivement dit à Lehmann qu’il avait été traité en ambulatoire à l’IHU avec de l’hydroxychloroquine en octobre 2020, et qu’il avait reçu une facture d’environ 1200€ pour chacune de ses visites.

Avec l’aide d’un expert médical, Lehmann a trouvé des preuves, disponibles en ligne, que l’IHU de Raoult facturait de fausses hospitalisations à des patients reçu en ambulatoire depuis le début de la pandémie. Chaque consultation était enregistrée comme une hospitalisation de jour. Durant l’année 2020, la région de Marseille a été beaucoup moins affectée par la pandémie que Paris ou le nord de la France. Pourtant, 41% des hospitalisations de jour de toute la France pour la Covid-19 ont eu lieu à Marseille.


Mais cela n'est pas passé inaperçu. En mai 2020, Dominique Martin, le directeur de l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament (ANSM) s’est rendu à Marseille pour enquêter sur les activités de Raoult. Il a écrit aux autorités médicales françaises, à la sécurité sociale et même au gouvernement en indiquant qu’il y avait des hospitalisations de jour suspectes.

« Conformément au décret du 23 mars 2020 modifié, applicable lors de la réalisation de ces études, et qui réservait l’utilisation de l’hydroxychloroquine à l’hôpital, le Pr Raoult nous dit avoir hospitalisé certains patients en hôpital de jour, ce qui interroge sur les coûts d’hospitalisation non justifiés associés aux prescriptions. »

Tout ceci figure dans l’article de Libération. Mais il ne s’est encore rien passé, car les amis nationalistes de Raoult sont très haut placés. Le druide de la chloroquine s'est naturellement défendu dans un tweet en arguant qu'il s'agissait là de fausses informations.

Si cet essai clinique avec de l’hydroxychloroquine n’est pas interventionnel, comment le qualifier ? Toutes les données ont été fabriquées et obtenues illégalement, toutes les lois ont été enfreintes alors que de l’argent était engrangé en grande quantité. Voici un résumé des prouesses illégales commises  par Raoult :

- réalisation d'un essai clinique sans approbation éthique, et ce malgré un refus du comité d’éthique

- prescription illégale de l’hydroxychloroquine à des patients covid19 non hospitalisés

- falsification des données hospitalières

- détournement de l’argent de la sécurité sociale et des patients

- falsification des recherches cliniques

Bien entendu, l’hydroxychloroquine n’est pas le seul traitement vanté par l’IHU. Le bulldog enragé de Raoult, Chabrière, a passé du temps à faire la promotion de l’ivermectine (et de tout autre forme de charlatanisme possible, y compris l’homéopathie) pendant des mois, peut-être histoire de rigoler un peu ? Hélas non, ils étaient vraiment sérieux.


Ci-dessous, une prescription illégale et probablement criminelle d’un médecin qui a été membre d’un groupe twitter secret (appelé « CIA ») géré par Chabrière et le communiquant de Raoult, Yanis Roussel (qui gère également le compte twitter de Raoult). Le prescripteur, m’a-t-on dit, est un associé de Christian Perronne, le nouvel ami pro-hydroxychloroquine de Raoult.

L’information a été révélée sur Twitter par un ancien membre du groupe CIA, @Acles__, qui a également reçu une prescription illégale. Chabrière l'a immédiatement menacé, et sur Twitter également. Soyons clairs, si Chabrière et Roussel ne sont pas médecins, ils sont toutefois totalement dévoués à Raoult, qui lui-même contrôle absolument tout. Il est probable que Raoult était au courant des prescriptions illégales d’ivermectine et ne s’en était pas inquiété. 

Raoult ne craint ni les comités d’éthique ni la loi, mais il a peur des vaccins. Une source fiable m’a indiqué qu’en janvier 2021, le gourou avait annoncé devant les équipes de l’IHU qu’il ne se ferait pas vacciner contre le coronavirus. Dans son livre traitant des vaccins d’avant la pandémie, Raoult a décrété que les vaccins DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) étaient inutiles et que ceux contre la variole ne servaient à rien.

La même source a entendu que Raoult avait récemment prétendu que la chloroquine pouvait même guérir certaines formes de lymphomes. Raoult serait-il devenu fou ?


Il y a évidemment cette histoire de fraude scientifique. Un an après le premier scoop et malgré les menaces constantes de la part de Chabrière voire de Raoult en personne, Elisabeth Bik a revérifié les publications de Didou. Elle y a trouvé davantage de fraudes.

Histoire de se mettre en appétit ; Raoult et ses subordonnées (Éric Chabrière, Philippe Parola, l’évangéliste de l’hydroxychloroquine à la télévision française, Philippe Gautret, le premier auteur des études sur l’hydroxychloroquine, Jean-Marc Rolain, l’éditeur en chef du journal de l’ISAC qui les a publiées, Bernard Davoust, le professeur vétérinaire général dans l’armée) avaient réalisé diverses études sur des sans-abris de la régions marseillaise. Des swabs microbiologiques fûrent prélevés de tous les orifices corporels possibles. Mais y avait-il une approbation éthique ? Bik a remarqué :

« Étonnamment, le numéro d’approbation éthique IRB recensé dans le papier (2010-A01406-33) a été utilisé pour au moins 17 études, dont celle-ci. Bien que toutes aient impliqué des sans-abris recrutés à Marseille, les études variaient en termes de protocoles, de traitements et d’échantillonnage. Elles vont de la récolte de poux, au traitement de sujets avec des sous-vêtements imprégnés d’un traitement, en passant par la réponse à des questionnaires, des examens médicaux, de récolte d’échantillons nasaux ou pharyngés, de peau, des prises de sang, des prélèvements rectaux, salivaires, et des radiographies thoraciques aux rayons X. Les études ont été réalisées de 2011 à 2020, pendant au moins 10 ans. […]

Il y a aussi une confusion à propos de l’institution ou du comité d’éthique ayant approuvé l’étude. Certains papiers indiquent que l’étude a été approuvée par « notre comité institutionnel », suggérant qu’il y avait un nombre faisant référence à l’approbation IRB par l’université d’Aix-Marseille ou par l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, tous deux listés comme affiliations des auteurs.

Mais dans d’autres papiers, le numéro d’approbation IRB apparaît comme étant un identifiant d’autorisation de l’ANSM, « le consentement éclairé des sujets a été obtenu et l’étude a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes Sud Méditerranée le 12 Janvier 2011 (ID RCB : 2010-A01406-33). »

Comme on m’en a informé, une raison simple mais sinistre peut expliquer cette confusion. Jusqu’en 2010, Raoult avait l’habitude d’obtenir un accord éthique du Comité de Protection des Personnes Sud Méditerrannée local, qui lui léchait littéralement l’orifice rectal. Mais en 2010, une nouvelle loi française a stipulé que l’approbation éthique pour un essai clinique devait être obtenue de façon externe, d’un comité désigné au hasard en France. Qu’a fait Raoult ? À partir de 2010, il a tout simplement utilisé la même vieille approbation éthique 2010-A01406-33 pour tous ses nouveaux essais cliniques. Cet escroc n’a donc jamais reçu la moindre approbation éthique pour toutes ces études sur les sans-abris pendant une décennie !

Est-ce illégal ? Oui. Peut-on finir en prison pour de tels faits ? Oui. Cela s’applique-t-il à Didier Raoult ? Non, bien sûr que non, car après tout, ainsi va la France !

Au bout d'un moment, Raoult a carrément arrêté de s'embêter à faire semblant de rechercher une approbation éthique. Il est devenu sa propre autorité éthique.

Ce papier a été publié dans un autre journal d’Elsevier contrôlé par Raoult, dont le dernier auteur, Gautret, est un éditeur associé :

Thi Loi Dao, Van Thuan Hoang, Tran Duc Anh Ly, Amal Magmoun, Naomie Canard, Tassadit Drali, Florence Fenollar, Laetitia Ninove, Didier Raoult, Philippe Parola, Johan Courjon, Philippe Gautret Infectious disease symptoms and microbial carriage among French medical students travelling abroad: A prospective study Travel Medicine and Infectious Disease (2020) doi: 10.1016/j.tmaid.2019.101548

 

Voici la description de l’étude :

« Une étude prospective unicentrique a été menée entre juin et août 2018 sur une cohorte d’étudiants de la faculté de médecine de l’Université d’Aix Marseille, qui prévoyaient de réaliser leur internat à l’étranger pendant l'été. Le recrutement a été réalisé sur la base du volontariat, durant la vaccination et la consultation avant le voyage à l’IHU Méditerranée Infection, qui se trouve sur le campus médical de l’université de Marseille. Les participants ont été priés de signer un formulaire de consentement éclairé. »

Les étudiants devaient fournir des swabs microbiologiques de tous leurs orifices, vagin et rectum inclus. La déclaration éthique était la suivante :

« Le protocole a été approuvé par notre comité institutionnel (2019-006). Il a été réalisé en accord avec les bonnes pratiques médicales recommandées par la déclaration d’Helsinki et ses amendements. Tous les participants ont donné leur consentement éclairé ».

Traduction : il n’y a jamais eu d’approbation éthique de quelque sorte que ce soit, l’essai était tout simplement illégal. Et même si Raoult désigne ces étudiants ayant participé à l’étude comme des « volontaires », cela ressemble fortement à de l’abus de pouvoir voire même à de la coercition. Pas étonnant que les étudiants de Marseille détestent le professeur Raoult.




Peut-être qu’il y a une raison pour que La Conférence Nationale des Comités de Protection des Personnes ait publié en février 2021 une prise de position dénonçant l’illégalité d’essais cliniques avec de l’hydroxychloroquine sur des enfants sans approbation éthique. 



Après tout, les photomontages de Raoult semblent avoir beaucoup moins d’importance… Et pourtant, Elisabeth Bik a persévéré.

Dans un de leurs anciens articles, Raoult et ses collègues de l’IHU ont repris une image de Wikipedia et l’ont réarrangée jusqu'à lui faire présenter tout autre chose, à deux reprises. Ceci a été publié dans Frontiers, en toute logique…

 

Kalliopi Georgiades, Didier Raoult Defining pathogenic bacterial species in the genomic era Frontiers in Microbiology (2011) doi: 10.3389/fmicb.2010.00151

Bik : « Des boîtes de la même couleur attirent l’attention des tests API qui apparaissent similaires dans la même ligne ou dans des lignes différentes. On note que tous les puits du bas semblent dériver de ceux du haut. Dans un cas, celui du test TDA du bas, un floutage a été réalisé »

Un des followers de Bik (@Sgrol) a remarqué que l’image originale provenait de Wikipédia, chargée en 2007. La voici, en test API sur E. coli utilisé par Raoult en tant que Figure 5A(i)


Même en supposant que l’utilisateur de Wikipédia Philippinjl était l’un des auteurs des deux papiers ou même un technicien de l’IHU, ce qui pourrait justifier le recyclage de la ligne du haut sans citer la source, la seconde ligne de la figure (5A(ii)) est la même que 5A(i), mais ré-arrangée, falsifiée par ordinateur et présentée comme un test de bactéries de dysenterie. C’est tout simplement de la fraude scientifique, et possiblement du plagiat.

Regardons maintenant ce chapitre auquel a contribué Raoult l’an dernier.

Pierre-Edouard Fournier, Didier Raoult Tick-Borne Spotted Fever Rickettsioses Hunter’s Tropical Medicine and Emerging Infectious Diseases (2020) doi: 10.1016/b978-0-323-55512-8.00069-7 


Bik : « encadré rouge : les bandes de haut poids moléculaire dans les colonnes RHEL des blots A et C apparaissent très similaires. Au niveau du marqueur de poids moléculaire, il semble qu’il s’agit bien de blots différents, on ne peut donc pas expliquer cette ressemblance par une réutilisation de la membrane après décrochage du marquage précédent ».

C’est encore une fois une fraude. Ce qui s'apparente à des images de membranes réutilisées est en fait un montage Photoshop. Dans un nouveau cahier de notes pour les étudiants en maladies infectieuses,

Une autre trouvaille de Bik :

E. Botelho-Nevers, F. Gouriet, H. Lepidi, A. Couvret, B. Amphoux, P. Dessi, D. Raoult Chronic nasal infection caused by Klebsiella rhinoscleromatis or Klebsiella ozaenae: two forgotten infectious diseases International journal of infectious diseases (2007) doi: 10.1016/j.ijid.2006.10.005


Bik : « Encadré en rouge : les panneau b (adsorption croisée avec K. ozaenae) et c (adsorption croisée avec K. pneumoniae) se ressemblent beaucoup, mais sont présentés avec un étirement différent »

Raoult n’a jamais vraiment prêté attention à ce qu’il publie, les déchets fabriqués devaient juste être suffisamment esthétique pour avoir l’air publiables dans un journal scientifique. Grâce à son système de réseaux éditoriaux et de ses boucles de pairs revoyant ses papiers, que l'on pourrait désigner comme l’équivalent académique d’une masturbation mutuelle, tout ce que le druide de la fraude a soumis à certains journaux « revus par les pairs » a été publié non seulement sans vérification, mais, semble-t-il, sans même avoir été lu. C'est par exemple le cas pour le plus ancien papier de Raoult analysé par Bik pour l’instant :

Didier Raoult, J. C. Laurent, M. Mutillod Monoclonal antibodies to Coxiella burnetii for antigenic detection in cell cultures and in paraffin-embedded tissues American Journal of Clinical Pathology (1994) doi: 10.1093/ajcp/101.3.318


Bik : « Les figures 1 et 2 sont très similaires. Selon les légendes, la Figure 2 aurait dû montrer autre chose. Les auteurs pourraient-ils le vérifier ? Ils pourraient en profiter pour vérifier l’orthographe de la ville affiliée : « Marrseille » ».

Un autre vieux papier montre comment la falsification des données a eu lieu à l’IHU avant l'avènement de Photoshop. Dans ce papier, les figures ont été falsifiées par la bonne vieille méthode de découpe au ciseau/colle.

W Xu , D Raoult Production of monoclonal antibodies against Rickettsia massiliae and their use in antigenic and epidemiological studies Journal of Clinical Microbiology (1997) doi: 10.1128/jcm.35.7.1715-1721.1997


Bik : « La figure 4 montre des panneaux qui représentent chacun un blot différent, incubé avec des anticorps monoclonaux différents ».

On remarque le découpage des bords, apparemment, les images de gel ont été imprimées, assemblées avec des ciseaux et de la colle et reprises en photo comme de « nouveaux » résultats avec pour légende finale de la figure des marquages avec des anticorps différents. Peut-être qu’à cette époque, Raoult réalisait lui-même ce travail créatif ?

Même Bik ne pourra pas tout retrouver. Dans sa longue carrière de fraude scientifique, Raoult a publié 3000 papiers grâce à son système de journaux privés. Certaines de ses études pourraient même être plutôt bonnes, car l’IHU est un grand centre de recherche où de bonnes personnes pourraient avoir travaillé avant d’être harcelées, moquées, abusées sexuellement ou racialement et finalement chassées alors que le directeur de l’IHU Raoult mettait son nom sur tout ce qui sortait de son institut. Les fraudeurs scientifiques aussi sont de très bons voleurs, ce qui rend leur travail reproductible. Mais il semble que le gros des études de Raoult est soit bon pour la poubelle, soit de la fraude, soit du recyclage d’anciens résultats probablement tout aussi frauduleux. Comme illustré ici, la réutilisation d’une figure strictement identique à celle d’un ancien papier Angelakis et al Plos One 2012 :

Carole Eldin, Emmanouil Angelakis, Aurélie Renvoisé, Didier Raoult Coxiella burnetii DNA, but not viable bacteria, in dairy products in France American Journal of Tropical Medicine and Hygiene (2013) doi: 10.4269/ajtmh.12-0212


Les images ci-dessus ont été repérées par un utilisateur de twitter et postées sur pubpeer par François-Xavier Coudert. Les figures identiques font référence à des bactéries infectieuses très différentes, Coxiella en 2013 et Rickettsia en 2012 (l’une d’entre elles, Rickettsia raoultii, a pris le nom de vous-savez-qui…). Le papier de 2012 est co-signé par 5 auteurs, seuls Raoult et Emmanouil Angelakis sont les auteurs communs entre ces deux publications. Ceci constitue à la fois de la fraude scientifique et du plagiat.

Voici d’autres magouilles de Raoult trouvées par Bik que j’avais déjà présentées dans une mise à jour d’un ancien article.

 

Patricia Renesto, Pierre Dehoux, Edith Gouin, Lhousseine Touqui, Pascale Cossart, Didier Raoult Identification and Characterization of a Phospholipase D–Superfamily Gene in Rickettsiae The Journal of Infectious Diseases (2003) doi: 10.1086/379080



Voyez-vous ces bandes de gel recyclées et les fragments de pistes de gel copié/collées pour masquer des signaux d’anticorps indésirables ? C’est encore de la fraude scientifique, par les mêmes premier et dernier auteurs :

P Renesto, J Gouvernet, M Drancourt, V Roux, D Raoult Use of rpoB gene analysis for detection and identification of Bartonella species Journal of Clinical Microbiology (2001) doi: 10.1128/jcm.39.2.430-437.2001

« Dans les encadrés de couleur identique, on retrouve des régions (certaines contenant un signal) qui se ressemblent beaucoup »

Et finalement celui-ci :

Jérôme Dellacasagrande, Eric Ghigo, Sarah Machergui-El, Hammami, Rudolf Toman, Didier Raoult, Christian Capo, Jean-Louis Mege alpha(v)beta(3) integrin and bacterial lipopolysaccharide are involved in Coxiella burnetii-stimulated production of tumor necrosis factor by human monocytes Infection and Immunity (2000) doi: 10.1128/iai.68.10.5673-5678.2000


« Similaire à quoi ? »

Le premier auteur, Jérôme Dellacasagrande, a expliqué sur Pubpeer que toutes ces inquiétudes n’avaient pas lieu d’être. Même lorsque l'on distingue clairement des coins découpés où des impressions de gels ont été collées ensemble.


Et maintenant un cas très intéressant de manipulation de données :


Yuefei Yu, Malgorzata Kowalczewska, Philippe Decloquement, Claude Nappez, Bernard La Scola Production of monoclonal antibodies to Tropheryma whipplei and identification of recognized epitopes by two-dimensional electrophoresis and mass spectrometry Journal of Clinical Microbiology (2006) doi: 10.1128/jcm.01714-06


Bik : "la légende indique que deux anticorps monoclonaux ont reconnu le même point, mais les deux blots entiers se ressemblent beaucoup"


Bik : "Etonnamment, un des auteurs a été retiré entre l'acceptation du papier et sa publication finale"

Comment se fait-il que le nom de Raoult ait disparu entre l'acceptation du papier et sa publication ? Je pense que j'ai une explication.


Dans cette même année en 2006, l'éditeur du journal, l'American Society of Microbiology (ASM) a pris Raoult et 4 de ses co-auteurs de l'IHU en flagrant délit de falsification de données et les a interdits de publication pour un an dans tous ses journaux (voir ici et ici pour plus de détails), ce qui signifie qu'un papier déjà accepté contenant le nom de Raoult serait rejeté, ce qui fut évité en le retirant de la liste des auteurs. C'est idiot pour l'ASM que ce papier contienne également des données manipulées...



Chabrière a réagi en déclarant que Bik extorquait de l’argent à l’IHU. Il ment bien sûr, puisque soulever une mobilisation néo-nazie violente pour attaquer ses détracteurs fait partie de son jeu habituel et de celui de Raoult.


Quand en aurons-nous assez ?

 

mercredi 3 février 2021

La saleté brune du Derrière de la France

La saleté brune du Derrière de la France 

Traduit depuis le blog de Leonid Schneider

"Légions d'honneurs, prix, promotion .... Le champ du cygne de ce système politico médical qui n'a plus le choix que de se soutenir mutuellement. Patience, en d'autre temps, on a donné des médailles aux derniers combattants. On connait la fin "- Capitaine Eric Chabrière.

L'Institut Méditerranée Infection (IHU) de Didier Raoult à Marseille, en France, est l'épicentre de la guerre de désinformation "infodémique" scientifique. Le traitement chloroquine / hydroxychloroquine pour la COVID-19 a été postulé par Raoult début 2020, promu par son IHU, et est devenu une politique nationale de gestion de pandémie désastreuse dans de nombreux pays, dont les États-Unis, l'Inde, la Russie et, plus tragiquement le Brésil. Parallèlement à la promotion de faux remèdes contre le coronavirus, Raoult et ses collègues de l'IHU comme Eric Chabrière utilisent la télévision française, les journaux et les réseaux sociaux pour ridiculiser les mesures de distanciation telles que le confinement, les masques et les vaccins contre le SARS2-CoV. Ils semblent se battre dans une guerre de l’information autour du virus, et vous verrez que la comparaison militaire est plutôt appropriée !

Le compte Twitter de Chabrière ressemble à une parodie d'un COVIDIOT en colère classique. Il s'agit d'une pêche aléatoire par un analphabète scientifique combinée à des insultes misogynes, racistes et antisémites et des menaces de violence envers tous ceux qui ne vénèrent pas Raoult, la plupart des cibles sont accusées de rouler pour Gilead, le fabricant de remdesivir (et probablement la seule grande entreprise pharmaceutique qui ne finance pas l'IHU). Et pourtant, ce @echabriere n'est pas une parodie. Les raisons pour lesquelles Chabrière est autorisé à se comporter ainsi sont tout sauf amusantes : il représente le vilain derrière tout brun du milieu universitaire français, de la politique nationale d'extrême droite et en particulier de l'armée française qui finance le capitaine Chabrière et ses recherches.

Chabrière a poussé en avant tous les remèdes de charlatans possibles pour la COVID-19. Bien sûr, il a commencé avec la combinaison magique de Raoult de chloroquine (maintenant hydroxychloroquine) et d’azithromycine. Elle a été suivie par l’ivermectine, la vitamine D, plus récemment la colchicine et maintenant… l'homéopathie. Voyez par vous-mêmes :




En janvier 2021, alors que la ville brésilienne de Manaus était envahie par la deuxième vague de la pandémie de COVID-19, les hôpitaux régionaux ont manqué d'oxygène. Les médecins ont supplié le gouvernement d'envoyer des équipements, mais le ministre de la Santé et général de l'armée encore en activité, Eduardo Pazuello, a envoyé de la chloroquine à la place. Des patients qui auraient facilement survécu, étouffés jusqu’à la mort, le personnel médical n'a pas pu les aider.

Alors que les Brésiliens mouraient, Raoult a organisé une fête de la chloroquine à l'IHU, où ses fidèles serviteurs ont reçu des médailles, un millier d'entre elles. Voici l'annonce et la vidéo, même le gnome des relations publiques de Raoult Yanis Roussel a obtenu une médaille.



C'était un événement bizarre, des médailles décernées à des camarades fidèles pour avoir servi le culte de la mort d'un tyran paranoïaque. On aurait pu croire que Chabrière l'ait reconnu et, obsédé morbidement par le Troisième Reich, ait réagi à sa manière :

Eh bien, on m'a dit que le tweet était destiné à Karine Lacombe, une chercheuse et clinicienne critique de la chloroquine. Elle a reçu une médaille de la Légion d'honneur en janvier, et Chabrière était furieux, car son idole Raoult a reçu le même prix national il y a des années.

Lacombe est régulièrement la cible des attaques de Chabrière. Mais il s'en prend à tous les cliniciens qui ne sont pas d'accord avec la panacée "chloroquine" de Raoult. Depuis des mois, Chabrière harcèle un médecin français, Nathan Peiffer-Smadja, qui a osé publier un article critique sur la chloroquine (Fiolet et al 2020). Pour être honnête, Chabrière a vicieusement harcelé tous les auteurs de cette étude, mais Peiffer-Smadja a toujours été la principale cible des insultes et de l’agressivité de Chabrière. Une des raisons pourrait être que Peiffer-Smadja est juif, son nom de famille le laisse entendre très clairement.

Essayant constamment d'élever une foule de sorcières pour persécuter Peiffer-Smadja, y compris avec des insinuations homophobes et des appels à sa meute, Chabrière s'est finalement présenté comme un antisémite. Fin janvier 2021, il a ouvertement comparé ce médecin juif aux meurtriers de masse nazis d'Auschwitz, dans deux tweets :




Quand j'ai dénoncé Chabrière sur Twitter pour avoir ridiculisé l'Holocauste, il m'a signalé parce que je serais un antisémite qui le harcèle racialement ! J'ai été suspendu de Twitter pendant 12 heures et j'ai été averti de ne plus recommencer. Projeter ses propres attitudes toxiques sur les autres est très typique de Chabrière : ci-dessous, il a profité de l'occasion pour partager un vieux dessin animé dégoûtant et raciste, tout en accusant quelqu'un d'autre de racisme (Pierre Tattevin, président de la Société française des maladies infectieuses, qui a critiqué la chloroquine comme médicament contre la COVID-19) :


Partager un tel dessin sur Twitter, alors que l'IHU fait défiler des étudiants noirs pour remercier Raoult devant les caméras, équivaut à enduire les murs d'une synagogue de croix gammées tout en marmonnant que quelqu'un d'autre est un nazi. A ce sujet, l'incident ci-dessus n'est même pas la première fois que Chabrière expose son antisémitisme. Cet antisémite sur un autre juif français a eu lieu quelques jours avant :

La cible de ce tweet était le journaliste de télévision française Patrick Cohen. Chabrière s'adresse à Cohen par son nom de famille ouvertement juif pour égaler son journalisme à celui de Radio Paris, une station de propagande nazie de l'époque de l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces tweets suggèrent ce qui suit à propos de Chabrière (et sa réponse par e-mail «lol» le confirme) :

- qu'il ridiculise l'Holocauste

- qu'il a un problème avec les juifs

- qu'il accuse les Juifs d'antisémitisme

Ce tweet antisémite de Cohen citait un certain compte «cunegonde1944», qui diffuse constamment du contenu raciste sur Twitter, y compris les articles du site Web conspirationniste d'extrême droite Riposte Laïque, qui a commencé antisémite, mais se concentre maintenant sur l'islamophobie enragée parce que l'un de ses détenteurs est un Israélien d'extrême droite. Les fans du site comme cungegonde1944 utilisent cette connexion pour nier les accusations d'antisémitisme, par exemple lorsqu'ils attaquent Peiffer-Smadja. Chabrière adore ça, lui et cungegonde1944 semblent être assez amis dans la vraie vie :



Chabrière apprécie non seulement le racisme de Riposte Laïque, il a également partagé des liens vers d'autres sites islamophobes (comme le blog de Patrice Gibertie), et a célébré le politicien d'extrême droite français Florian Philippot, ancien membre de haut rang du Front National, qui a fondé son propre parti d'extrême droite «Les Patriotes».



Chabrière semble également être dans les théories du complot notoirement d'extrême droite et antisémites QAnon, après tout, pourquoi pas ? Le professeur marseillais a montré suffisamment souvent son plein soutien à France Soir, un journal d'extrême droite bizarre qui promeut à la fois la chloroquine et l'agenda QAnon. Comme si cela ne suffisait pas, Chabrière a célébré la vile vidéo conspirationniste de la pandémie QAnon Hold Up (qui a également été promue par France Soir). «Hold up» signifie ici un braquage violent, et le contenu du film a été décrit comme ceci :

« prétendue inutilité des masques, affirmation que l'hydroxychloroquine est un remède éprouvé pour la Covid-19, théorie de liens avec les réseaux mobiles 5G et notion d'un gouvernement mondial totalitaire - connu sous le nom de Nouvel Ordre Mondial - déterminé à asservir le peuple. "



«Libérez le Kraken» est un appel aux armes des QAnon, et Chabrière aime l'utiliser sur Twitter pour menacer tous ceux qui désapprouvent les traitements à la chloroquine contre la COVID-19 de Raoult. Dans les tweets inspirés de QAnon suivants, Chabrière semble jouer avec l'idée d'exécutions réelles pour tous les ennemis de Raoult. Il fournit même une sorte de liste de personnes à abattre à ses followers, pour que les gens ciblent littéralement :



Chabrière lui-même a protesté contre les masques, les confinements et les restrictions de toutes sortes, c'est pourquoi il a fait du gouvernement français et surtout du ministre de la Santé Olivier Véran son ennemi. La comparaison avec M. Bean était drôle, mais Chabrière a également comparé Véran au dictateur sanguinaire Pol Pot, dont le régime a assassiné au moins un quart de la population cambodgienne. Tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la magie de la chloroquine sont égaux pour Chabrière au régime meurtrier de Pol Pot des Khmers rouges :


Et bien sûr, Chabrière harcèle également les femmes, il aime appeler ses milliers de partisans d'extrême droite à des chasses aux sorcières contre les critiques féminines de la chloroquine (parfois même les mauvaises personnes sont ciblées, leurs noms et adresses postales publiés sur Twitter, accompagnés d’insultes misogynes de Chabrière). Vous avez vu ses attaques contre Lacombe, voici Chabrière affichant sa masculinité toxique contre une femme politique :

L’une de ses cibles favorites : l’enquêtrice sur l’intégrité des données scientifiques Elisabeth Bik, dont le crime a été de trouver des fraudes dans les recherches de Raoult. Chabrière a continué à accuser Bik (et moi) d'être payés par Gilead, mais s'est ennuyé parce que cela ne menait nulle part. Donc à un moment donné, Chabrière a retweeté un compte covidiot adorant Raoult où Bik a été qualifiée de «meurtrière» et de «prostituée». Confronté à cela, Chabrière a répondu par e-mail avec un simple : «lol».

En parlant de meurtriers. Damien Barraud, un médecin réanimateur français qui dénonce l’escroquerie à la chloroquine de Raoult depuis les débuts, a été fortement visé par le gang IHU et leur armée de trolls. Ce n'était pas assez pour Chabrière : il compare Barraud au meurtrier de masse de Metz, Francis Heaulme (qui a également tué des enfants) :

L'Université Aix-Marseille a été informée par des lanceurs d'alerte déjà en novembre 2020, son président Eric Berton a annoncé s'occuper du dossier. Comme vous pouvez le voir, le résultat public est que Chabrière a non seulement continué et est devenu totalement antisémite, il a même menacé ouvertement de poursuivre tous ces lanceurs d'alerte pour diffamation (il mentionne l'avocat de l'IHU Brice Grazzini, ce qui laisse entendre que les représailles juridiques au nom de Chabrière et Raoult sont payées par les fonds de recherche de l'IHU). Il semble qu’au lieu d’agir sur le comportement de Chabrière, l’université a transmis toutes les plaintes, avec les noms, à lui et à Grazzini pour représailles.



Même en France cependant, il n'y a absolument aucun risque à ce que l'un des lanceurs d'alerte soit un jour condamné pour diffamation. Signaler les préoccupations de bonne foi aux autorités compétentes de manière confidentielle est parfaitement légal, ce qui est illégal, c'est de dénoncer leur identité à l'auteur de ces faits et d'exercer des représailles contre les lanceurs d'alerte. Mais bien sûr, de nombreux dénonciateurs ne le savent pas et ne peuvent pas se permettre financièrement de le découvrir devant les tribunaux. C'est le jeu que joue Chabrière avec ses menaces sur Twitter.

L’Université Aix-Marseille reste totalement silencieuse et a choisi de ne pas nier les affirmations publiques de Chabrière, tous mes e-mails ont été ignorés, à l’exception des réponses de Chabrière, probablement au nom de l’université, avec comme réponse un simple «lol». Cela pourrait en effet signifier que la direction académique approuve ses campagnes de misogynie, d'antisémitisme et de menaces de violences. Ou peut-être ne sont-ils pas vraiment les patrons de Chabrière et ne peuvent rien faire à son sujet ?

Voyons ce qui rend Chabrière (et Raoult) si intouchable. Il y a des liens politiques : l'ancien président d'Aix-Marseille Université, Yvon Berland, est un ami personnel de Raoult et désormais politicien local qui a autrefois fait campagne pour devenir maire de la ville. Ensuite, il semble y avoir des liens avec l'extrême droite et d'autres politiciens xénophobes, des réseaux fascistes utiles qui ont également protégé le recteur de l'Université de Ferrara Giorgio Zauli en Italie.

Deuxièmement, Chabrière semble rapporter de l'argent, de sources surprenantes. Sa petite startup à l'IHU, Gene & Green TK, n'est peut-être pas scientifiquement impressionnante (composée de 4 personnes, dont 2 fondateurs et 3 employés), mais elle a récemment été vendue pour 10 millions d'euros (selon Chabrière) à l’entreprise familiale de nettoyage des eaux usées Proxis Developpment.

Auparavant, en octobre 2018, Chabrière s'était associé à une école de commerce (qui n'est bien sûr EN AUCUN CAS une usine à acheter des diplômes !) nommée Kedge afin de vendre aux étudiants de Kedge des diplômes de Master of Health Innovation. Difficile de prendre cette startup de l’IHU au sérieux après cela. Ce dans quoi Proxis investit avec la société de Chabrière est un mystère, car il ne peut s'agir d'aucun savoir-faire ou technologie lucrative : Gene & Green TK n'a réalisé que 170000 € de chiffre d'affaires en 2015, et son capital en 2021 est de 11134 €, 12371 € , pardon, 23 035 € !


Partenariat annoncé en décembre 2018

Devinez qui est le principal (ou plutôt l'unique?) client de Chabrière à l'IHU :

"Toutefois, Gene & Green TK dégage d'ores et déjà du chiffre d'affaires, grâce à ses contrats de recherche, de développement, de vente d'enzymes négociés principalement avec l'armée."

Capitaine  du laboratoire, armé d'une pipette, image source : 20min

A cet égard, il peut être important de rappeler que Chabrière est également officier dans les forces armées françaises. Pendant toute sa carrière militaire, il a été impliqué dans la recherche sur les armes chimiques par l'armée française, jusqu'à ce que l'armée l'installe comme professeur civil de biochimie à l'IHU.

Selon cet article, le lieutenant Chabrière travaillait au Centre de recherche des services de santé des armées (CRSSA), où il se spécialise dans la guerre nucléaire, biologique et toxicologique. Sa spécialité était les gaz de combat. Alors que d'autres pays d'Europe occidentale ont abandonné la guerre chimique, la France a été la seule à concevoir des armes chimiques jusqu'en 1989, c'est cependant un secret d'État s'il en a jamais été produit. Par la suite, il ne restait plus que l'aspect défense de la guerre chimique. Le lieutenant Chabrière a été délégué pour faire un doctorat à Grenoble et à Nancy, dans le laboratoire de Patrick Masson, et travailler sur des enzymes qui inactiveraient les gaz de combat. De la thèse de doctorat du lieutenant Chabrière de Grenoble en 1999, seul le résumé est disponible en ligne, le directeur y figurant est le collaborateur de Masson, Juan Fontecilla-Camps. Masson lui-même était scientifique dans l'armée française, jusqu'à ce qu'en 2014, il trouve un nouvel emploi en… Russie. Il est actuellement affilié au laboratoire de neuropharmacologie de l'Université fédérale de Kazan, où il continue probablement à travailler sur la guerre chimique. Si vous vous demandez maintenant : « Masson était-il peut-être un agent russe qui a fait défection ? », eh bien oui, cela y ressemble très certainement.

Selon le CV militaire de Chabrière, il a été nommé professeur à l'IHU Marseille alors qu'il était lieutenant en 2007 et a été promu au grade de capitaine d'armée en 2008. Le mystère de savoir pourquoi quelqu'un d'aussi dérangé et intellectuellement handicapé que Chabrière aurait pu devenir professeur est levé : l'armée l'a installé. Les civils d’Aix-Marseille Université ne sont pas son vrai patron.

Cette minuscule start-up de l'IHU s'est vendue 10 millions d'euros le mois dernier ? Gene & Green TK de Chabriere opère pour l’armée : son enzyme magique du volcan Vésuve, VesuTox, est destinée à la décontamination des gaz de combat. Il y a aussi le produit nommé VesuBACT, un antibiotique pour faire des pansements pour les soldats. Que ce soit scientifiquement sensé ou ne fonctionnera jamais dans la pratique n'est pas une question pertinente : lorsque les généraux investissent dans quelque chose, il suffit qu'ils y croient. Des personnes idéologiquement approuvées sont le plus  souvent en charge de ces projets, et les opinions d'extrême droite de Chabrière trouvent certainement de nombreux amis dans l'armée.

Les recherches de Chabrière sont financées par les forces armées françaises (source).

C’est pourquoi le ministère de la Défense subventionne cette recherche, rémunère les doctorants de Chabrière et probablement Chabrière lui-même, via Gene & Green TK. Sinon, comment une entreprise avec un capital minime et un chiffre d'affaires peu impressionnant peut-elle lui payer un salaire supplémentaire ?

Pour autant que nous sachions, Arnaud Moor, le propriétaire de Proxis, a peut-être simplement répercuté les 10 millions d’euros de l’armée française sur l’IHU, en achetant la microbrasserie de Chabrière Gene & Green TK. Après tout, si les soupçons sont justes et que l’IHU est effectivement financé par l’armée, ils n’en font pas vraiment la publicité.

Et si je vous disais que c’est aussi l’armée française qui a promu la recherche sur la chloroquine pour la COVID-19 à l’IHU de Raoult ? Comme déjà par ailleurs, les indices sont venus d'Alexandre Samuel.

Regardez le premier auteur de ces deux articles pertinents, Gendrot et al Antimalarial drugs inhibit the replication of SARS-CoV-2: An in vitro evaluation (2020) et Gendrot et al Chloroquine as a prophylactic agent against COVID-19? (2020). Ce premier auteur Mathieu Gendrot est militaire, servant au Service de la Santé de l'Armée de terre à Marseille et affilié à l'IHU. Un autre co-auteur est Emilie Javelle, capitaine de l'armée française comme Chabrière et également affiliée à l'IHU. Il convient de noter que peu de temps après que Raoult ait informé le monde du remède magique contre la COVID-19 au début de l’année 2020, il a été découvert que l'armée française transportait des seaux de chloroquine depuis la Chine pour combattre la COVID-19.

Raoult lui-même est connu pour avoir un fétichisme militaire, son père était médecin militaire et officier de haut rang. L'IHU est géré comme un navire de guerre à la discipline stricte avec une hiérarchie militaire. J'aimerais savoir combien de chercheurs de l'IHU sont des officiers de l'armée, mais ce n'est évidemment pas de notoriété publique. Pourtant, Bernard Davoust, collaborateur de longue date et ami de Raoult, est un vétérinaire de l'armée ayant atteint le grade de général, affilié à l'IHU, et apparemment également lié aux talibans catholiques de l'Opus Dei. Ca ne s’invente pas :

Maintenant, permettez-moi de spéculer un peu. Souvenez-vous, il y a quelques années, l’IHU a perdu tout soutien financier du CNRS et de l’INSERM à cause des brimades de Raoult, du népotisme, de la mauvaise conduite de la recherche et de la dissimulation d’une affaire de harcèlement sexuel. Bien sûr, il y a encore de l'argent par Big Pharma, y ​​compris du fabricant de chloroquine Sanofi. Mais cela ne suffirait jamais seul, et pourtant l'IHU se porte bien financièrement.

Se peut-il que l'IHU, avec ses officiers affiliés, soit soutenu par l'armée française ? Eh bien, ils l'admettent même dans la liste des sponsors :

Y a-t-il des flux de trésorerie supplémentaires via des investissements commerciaux de paille ? Comme ces 10 millions d’euros pour lesquels la petite start-up de Chabrière aurait été vendue ? Peut-être.

A quel point est-il peu rassurant d'être menacé avec une arme à feu par un officier de l'armée?

Mais pourquoi l'armée française ferait-elle cela, pourquoi paierait-elle de tels clowns psychopathes et leurs recherches épouvantables ? Peut-être parce que Raoult, Chabrière et d’autres de l’IHU ont convaincu les généraux de l’armée que leur institut de Marseille est le seul bastion de défense de la France contre les attaques islamistes avec des armes chimiques et biologiques ?

Voici le capitaine Chabrière, que l'armée a chargé de prévenir toute attaque terroriste, qui parle :

« L’objectif est aussi de montrer aux terroristes que nous avons la réponse et qu’en fin de compte, cela ne vaut même pas la peine d’essayer »

Peut-être que les trolls de l’IHU ont également convaincu l'armée française que la chloroquine était le remède miracle contre la pandémie de coronavirus ? Rappelons que les militaires brésiliens sont également de grands fans de chloroquine et tuent littéralement pour cela.

Si les généraux français sont convaincus que #HCQworks et que Raoult soit un génie qui a le remède à la pandémie, la réalité scientifique ne compte plus. Cela expliquerait pourquoi aucune autorité française ne peut rien faire contre Raoult et le flux constant de désinformation que son IHU propage. C'est aussi pourquoi le capitaine Chabrière est si sûr de lui : en tant qu'employé sur les armes chimiques, il n'est pas seulement insaisissable, il est intouchable. S'il est vrai que l'armée française gère l'IHU, cela expliquerait également pourquoi Raoult est également intouchable.

Vous vous sentez comment, menacés avec un flingue par un officier de l'armée française ?

Si l'armée française soutient effectivement l'IHU et son culte de la mort à la chloroquine, l'infodémie actuelle de la COVID-19 serait la plus grande réalisation militaire des forces armées françaises de ces derniers temps. Leur guerre de désinformation avec la chloroquine et d'autres remèdes de charlatans, avec le capitaine Chabrière combattant au premier plan, a mis de nombreuses nations à genoux et tué de nombreuses personnes dans le monde. Vive la France ? Oh attendez, ils tuent aussi leurs propres Français. Pah, dommage collatéral.

C'est pourquoi Raoult, le Napoléon de la campagne contre le coronavirus, délivrait des médailles.

Chabrière peut répandre des covidioties, vendre des remèdes de charlatans, attaquer les femmes et les juifs comme il l'entend, précisément parce que lui, tout comme Didier Raoult, a derrière lui les politiciens français d'extrême droite, les élites académiques fanatiques et surtout l'armée française. Fondamentalement, l'homme qui dénonce tout le monde comme étant payé par Big Pharma fait personnellement partie du complexe militaro-industriel et gagne beaucoup d'argent grâce à la mort.

Ces agents doubles mènent une guerre de désinformation, ils se battent aux côtés du virus. Dans le pire des cas, il y aura des emplois pépères qui les attendent en Russie, tout comme pour le directeur de thèse de Chabrière.